Je lis régulièrement des articles de presse sur Booktube (ou vidéos). Le résultat est souvent le même, une impression de méconnaissance si importante qu’on peut légitimement se demander s’ils ont, ou pas, effectués des recherches sur le sujet auprès de la communauté francophone. Les interviews tournant généralement autour des plus grandes booktubeuses reflètent aussi une vision limitée sur l’ensemble du groupe. Les préjugés et les dires s’installent avec l’appréciation de journalistes. Si l’on rajoute à ça les bookstagrameurs, la coupe est pleine. Le métier de journaliste ne l’est que de nom pour rédiger des articles aussi peu sérieux sur les booktubeurs.

Je me sens donc dans le devoir de corriger certaines informations biaisées ou erronées justifiées par leurs professions, mais sans les données dans ce domaine. Et bien, qu’à cela ne tienne, moi je les ai les informations et pas d’une pochette surprise !

Je traiterai du sujet en 3 articles :

  1. Des Booktubes ? Et des médias ?
  2. Qui se cache derrière la communauté Booktube ?
  3. Étude complète des données de la communauté Booktube.

Booktube, qu’est-ce que c’est ?

booktube-bis

C’est parler de livre sur Youtube. Et encore, vous pourrez découvrir des vidéos littéraires ailleurs que sur Youtube. Seulement la plateforme qui offre des services stables, gratuits et connus du monde entier reste Youtube.

 

Rentrons dans les détails qui fâchent un peu…
Les booktubeurs se prennent pour des critiques littéraires !

antonego

Par la barbe de Merlin, c’est possible ça ? Alors, qu’appelle-t-on critique littéraire ? Celui qui est payé pour parler d’un livre dont l’auteur est invité sur un plateau de télé ? Sur un journal où l’on trouvera certainement peu d’avis diversifiés sur l’ensemble des genres littéraires ?

Rassurons-nous, non, les booktubeurs ne sont pas des critiques littéraires. Je considère les booktubeurs comme des personnes qui lisent des livres et retransmettent oralement ce qu’ils en ont pensé. En soi, ils critiquent bien un livre. Positivement ou négativement. Certains d’entre eux n’iront pas très loin dans la critique, survolant le livre sans rentrer dans le détail de ce qui les a impressionnés ou déçus profondément. D’autres pourront vous dire dans les moindres recoins du chapitre 13 ce qui a cloché pour eux, ce qui les a transcendés à la fin ou encore passer un simple bon moment. La critique est positive ou négative en donnant son avis sur l’œuvre lue.

Le terme « Critique littéraire » est abusif, mais la critique de ses livres pourquoi pas ?

Nous emploierons plus souvent le terme « chroniquer ». C’est-à-dire offrir un avis. Tout ceci n’est qu’une question de vocabulaire, puisqu’aucun des booktubeurs n’est « Un Critique littéraire » (sauf exception professionnelle). Vous aurez donc une multitude de façons de décrier votre avis, point lecture, critique ou discussion sur un bouquin.

L’importance pour la communauté est bien de partager son ressenti.
Voilà qui est dit !

Ont-ils une légitimité ?

Heureusement que l’on peut s’exprimer sur toute chose. Notre liberté ne se stoppe pas à ça. D’ailleurs, légitime par rapport à quoi ?

À partir du moment où l’œuvre a été lue. Tout être humain, dans sa variété réfléchi et analyse sa lecture. S’il souhaite donner un point de vue, grand bien lui en fasse. Si les auteurs n’obtiennent plus de notes et chroniques sur leurs titres, une part de leur communication disparait. Certains l’aurait-il oublié ? La réussite des sites de lecteurs ne s’est pas faite autrement que par apporter son opinion. Amazon visiblement a bien compris puisque Goodreads leur appartient dorénavant.

Un point par contre me chagrine. Lorsque des booktubeurs (blogueurs…) s’obligent à notifier que leur chronique négative les concerne et n’établit pas une vérité absolue. Des personnes n’émettent pas d’avis sans risque de se voir accuser d’être mauvais. C’est bien dommage. Nous ne sommes pas sur le net uniquement pour le côté positif. Il y aussi l’inverse. De plus, une mauvaise critique ne dessert pas. En général, les lecteurs s’intéressent, se questionnent et les interrogations les titillent : Pourquoi ne pas l’apprécier ? Et moi ? l’aimerais-je ?

La même image biaisée de la communauté Booktube revient en boucle.

HPL’idée que les booktubes soient réalisés par une catégorie de très jeunes individus est fausse. Je me souviens d’un reportage qui présentait la Booktubeuse « Le Souffle des mots ». A la fin du reportage, ils annoncent son âge : 16 ans.

16 ans ! Vous imaginez ? Ils l’ont vu, interviewé, mais claironnent 16 ans au lieu de sa vingtaine (passée?) de l’époque. A-t-elle été choisie pour son joli minois à la peau de pêche, au teint frais et à la beauté d’une jeune fille de 16 ans ? Crédibilisant ainsi l’âge des booktubeurs trop inexpérimentés pour être sérieux ? J’ai trouvé ça blessant. D’autant que la booktubeuse en question a dû se sentir mal face à l’écran sans aucune possibilité de rectifier ce mensonge. Attention car l’information circule plus vite avec Internet et les réseaux sociaux, la solidarité de la communauté…

La sublime vision réductrice des booktubeurs/blogueurs/bookstagrameurs très ados et niais, parce qu’ils adorent des livres young adultes, de la SFFF ou manga et BD, m’agace au plus haut point.

Oui, Harry Potter (HP) est lu par énormément de personnes, mais bon, si nous prenons les ventes de la Saga à travers le monde, il n’y a rien d’étonnant, ni d’impressionnant, ni de surprenant. JKRowling est un succès planétaire, il faut tout de même le réaliser. Que vous retrouviez HP partout chez les littéraires s’avère évident. Et croyez-moi, j’en connais qui ne supportent pas ! Eh oui, on en trouve.

La communauté Booktube foisonne de profils variés aux prédilections tout aussi hétéroclites. Comprenant autant de genres différents. De la poésie au théâtre, du contemporain au classique, du feel good à la Science-fiction, du fantastique à la fantasy et tous les dits « sous genres » (une catégorie dans une autre). Dans le prochain article, vous saurez qui sont les Booktubeurs.

 

Booktube remplace les blogs littéraires.

blog

Non, pas en France ou pour les francophones. La plupart viennent du monde des blogs puis se sont orientés vers Youtube. Beaucoup sont restés des blogueurs tout en devenant des booktubeurs, pis si on rajoute Instagram. Car oui, les booktubeurs sont majoritairement des utilisateurs de plusieurs plateformes de réseaux sociaux qui complètent leur monde et surtout nourrissent leurs communautés. Vous aurez des vidéos sur Youtube, des stories sur Instagram, Facebook, Twitter, Snapchat, Tumblr, certains seront même sur DevianArt pour les illustrateurs… Cantonner les booktubeurs à une unique application s’avère simpliste. Faire vivre et accroitre son propre lectorat demande une multitude d’outils de communication.

instaJe souhaite donner ma constatation d’ailleurs. Snapchat a moins bien fonctionné auprès des booktubeurs dès lors qu’Instagram a mis en place ses Insta stories. Mieux, aujourd’hui vous avez la possibilité d’avoir votre Instagram TV dit « IGTV » permettant de faire des vidéos de longues durées. Cela ouvrira encore plus d’opportunités pour la communauté Bookstagram. Affaire à suivre, mais pour ma part, c’est du tout cuit, triomphe assuré.

Ainsi arrive le moment critique (pas littéraire cette fois) où l’on voudrait dissocier les bookstagrameurs, des twitteurs, des facebookeurs, des blogueurs et booktubeurs parlant de livre. Pourquoi se compliquer la vie ? La communauté utilise tous les outils à disposition. La préférence de l’application fera la différence sur son utilisation ?

Étiqueter la boîte sans réflexion profonde sur le contenu entraine des gaffes sérieuses…

Bientôt le prochain article…

 

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